Nourrir le Sénégal en 2050 : une question économique avant d’être politique

Nourrir le Sénégal en 2050 : une question économique avant d’être politique.

Quelques constats simples, mais structurants :

🔹 Le Sénégalais consomme près de 3 fois plus de viande que son voisin malien : https://lnkd.in/dX_XtCZx

🔹 Pourtant, une part importante du bétail abattu/consommé au Sénégal dépend des flux régionaux (pays voisins), principalement du Mali

🔹 Une grande partie de nos agriculteurs travaille encore au rythme des pluies, faute d’accès à l’eau

🔹 Sans irrigation locale, l’éleveur sénégalais consacre jusqu’à 60 % de ses charges à l’alimentation du bétail

🔹 Or nous sommes 20 millions aujourd’hui, et 35 millions attendus en 2050 : https://lnkd.in/dFR2-5DQ

👉 Autrement dit : notre sécurité alimentaire dépend de facteurs que nous ne maîtrisons pas totalement.

Le paradoxe :

🔹 Le boucher, en bout de chaîne, travaille avec des marges faibles, insuffisantes pour investir dans la chaîne du froid,la transformation et la modernisation des outils

🔹 Et pendant ce temps, la diaspora sénégalaise transfère chaque année plus de 2 000 milliards de FCFA : https://lnkd.in/dy3VFvM6 .

Deux réalités puissantes… mais encore peu connectées.

Et si la réponse ne venait pas d’un “grand projet unique”, mais de milliers de micro-entreprises intégrées, chacune associant :

1️⃣ un agriculteur (alimentation du bétail),
2️⃣ un éleveur (production optimisée),
3️⃣ un boucher (vente directe, sans intermédiaires inutiles).

Avec comme ligne directrice de l’exécution : un modèle “Diaspora → Foncier → Productivité → Marché”:

✅ 1‰ des transferts diaspora alimente un Fonds, avec avantages en contrepartie
✅ L’État sécurise un socle foncier (ex. 10 ha/micro-entreprise) ; le Fonds finance l’équipement via un prêt à taux zéro pour produire l’alimentation du bétail.
✅ Le Centre zootechnique de Dahra booste la productivité (insémination artificielle) ; le boucher-actionnaire vend en direct, sans intermédiaires.

Le génie sénégalais est déjà là :

💡  des paysans capables de nourrir leur famille toute l’année en travaillant 25 % du temps,

💡 des éleveurs qui tiennent malgré des contraintes extrêmes,

💡 des bouchers capables d’évaluer une carcasse à l’œil nu avec une précision impressionnante.

Ce qui manque souvent c’est l’alignement du capital, du foncier, de l’exécution et du temps long.

Pourquoi j’ouvre ce débat ici ?

Pas pour donner des leçons, ni politiser.
Mais parce que les entrepreneurs, la diaspora et les opérateurs économiques ont un rôle clé à jouer sur ces sujets structurants.

👉 Si vous pensez que l’avenir alimentaire du Sénégal se construira aussi par des modèles économiques concrets, discutables et perfectibles, je serais curieux de lire vos retours.

Sources : ANSD • BCEAO • Banque mondiale • FAOSTATActivez pour voir l’image en plus grand.

Ousmane Seck CEO Mata Group SA

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