Balances électroniques, vous dites ? Chez Mata, nous avons mieux… des balances humaines.
Je me rappelle ma discussion avec l’un des tout premiers investisseurs de Mata. Je n’arrêtais pas de lui dire qu’il nous faudrait un moyen de peser les bœufs pour réussir l’achat. Je suis passé par tous les stades : bascules, plateforme de pesée, balance suspendue… Hélas, rien de pratique à trimballer au marché de bétail.
La seule chose pragmatique était le ruban barymétrique. J’en achète un en France et, avec notre conseiller, ingénieur des travaux d’élevage, nous essayons de le calibrer pour trouver la constante à appliquer à nos races locales. L’écart était trop important sur le terrain.
Il faut dire que la stratégie était tordue : estimer le poids vif pour ensuite déduire le poids de carcasse.
Pourquoi cette obsession ?
Acheter un bœuf sans connaître son poids, c’est comme jouer à la loterie, surtout pour notre stratégie de marge faible.
Pour compliquer la chose, on subit aussi un effet de saisonnalité, d’événements et de géopolitique. Le prix peut grimper de 10 % d’un mois à l’autre avec la pluie, par exemple, à l’approche du Magal de Touba, ou encore lorsque des attaques terroristes à la frontière du Mali perturbent les convois et raréfient l’offre.
Il était vital pour nous de connaître le poids avant achat si nous voulions garantir à nos clients de la viande tous les jours, à un prix correct, sans perdre de l’argent.
Nos balances humaines
C’est là qu’interviennent ceux que j’appelle nos balances humaines. Des personnes capables de regarder un bœuf et de vous dire, avec une précision inimaginable (2 à 3 kilos près), son poids. Mon esprit analytique n’arrivait pas à le comprendre.
Nous avons alors enregistré les estimations avant abattage et les poids réels, pour en faire aujourd’hui un avantage décisif. Avec ces données, nous négocions mieux et n’achetons jamais à perte.
Avec nos agents IA, nous savons mesurer la précision historique de nos acheteurs, anticiper et, plus tard, lorsque les finances nous le permettront, savoir à quel moment acheter plus pour stocker dans nos chambres froides.
C’est ça aussi le génie africain : l’intuition du terrain. Et notre force, c’est de l’augmenter par la rigueur académique (data, finance, IA). Avec trois acheteurs et une analyse fine, on ne « détecte » pas la malhonnêteté : on fait remonter des écarts qui justifient un doute légitime et déclenchent une investigation.
C’est ça aussi le charme de Mata : des experts IA, de la finance de marché, qui s’assoient avec des employés capables de regarder une vache et de dire : elle est certainement stérile.
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